Même à vingt mètres de distance, on voit clairement l’impact de la balle se dessiner sur la tôle. Ahurissant. On n’ose à peine imaginer qu’il pourrait s’agir d’un corps humain. Là n’est cependant pas l’exercice. L’armurierde Wavre, Daniel Dekaise, passe du 9 mm au calibre 308 en passant par la Kalachnikov, comme toute ménagère le fait du pèle-patates au couteau à steak. Objectif : montrer que les parois du « Bunkerkit » sont à l’épreuve des balles. Il n’y a qu’avec la plus puissante des armes qu’on sent une légère boursouflure à l’arrière de la protection.

Le « Bunkerkit » est, comme son nom l’indique, un bunker qui se monte en kit. Il a été conçu en 2007 par Metal Quartz,une société de Péruwelz, qui en a même déposé le brevet européen. « Et on a travaillé avec les banques, notre marché principal, pour répondre à leur besoin, souligne Dario Dalla Valle, un ingénieur en construction, administrateur délégué de la société susmentionnée. Son avantage, c’est sa modularité qui permet à deux personnes de monter une pièce blindée standard en six minutes. Juste avec quelques boulons à serrer. »

Son intention est à présent de viser le marché privé (commerces, maisons) : « Notre bunker garantit une protection contre les vols et les intrusions. Comme dans le film Panic Room, avec Jodie Foster, ce bunker peut, pour environ 5.000 euros, servirde lieu où se réfugier lorsqu’on se sent menacé, tandis qu’il permet de stocker des valeurs et des biens si l’on part en vacances. Regardez ! Il suffit de soulever la clenche pour que la porte soit verrouillée ! » 20110216_Article_Le Soir_De la fiction à la réalité, de « Panic Room » au bunker qui se monte en kit

Sauf que dans le film, Jodie Foster passe un sale moment, avec des voleurs déterminés à tout. De là à imaginer une escalade de violence entre les bons et les mauvais, il n’y a qu’un pas que Rodrigue Goffinet, responsable bâtiments et réseaux pour le Crédit agricole, ne souhaite pas réaliser : « Dans une banque, on achangétous les concepts. Plus d’argent aux guichets. Tout est protégé, même les distributeurs de billets. » D’où, tout de même, l’apparition des « tiger-kidnappings » avec des banquiers et leur famille en otage, et du côté des banques, une réaction sous forme de cassettes à encre…

Mais Daniel Dekaise de ramener à la réalité : « On est ici dans des conditions plus réelles d’agressions, même si elles restent malheureuses. Et le but de protection est assuré. » CQFD. Jusqu’à la prochaine contreréaction des voleurs…

PDF_icon   Article Le Soir : « De la fiction à la réalité, de « Panic Room » au bunker qui se monte en kit »