Le Bunkerkit: une innovation belge – wallonne plus particulièrement – sortie tout droit du film “Panic Room”. Il s’agit d’un bunker en kit pouvant servir de local sécurisé où entreposer des biens de valeur, mais aussi de local de refuge (traduction de l’anglais: panic room ). Instrument de lutte contre la nouvelle technique des bandits consistant à prendre en otage un membre du personnel de banque (en jargon policier: le tiger kidnapping), ce genre de produit semble voué à un bel avenir, d’autant plus que le concept est assez ingénieux, protégé par un brevet et sans trop de produits concurrents.

Une entreprise belge teste dans le club de tir de Wavre un panneau anti-balle qu’elle vient de mettre au point. Riotgun, magnum, kalachnikov, arme de chasse… tout y passe, mais rien ne passe!

“La première paroi piège le projectile ou le stoppe en l’écrasant, en gardant les morceaux de projectile dans le panneau” , explique Daniel Dekaise, professeur de tir au club de Wavre.

“La partie anti-balle étant réellement l’acier au manganèse qui est derrière, le reste de la composition permet d’absorber déjà une partie de l’énergie et d’éviter que la balle ne rebondisse et n’aille blesser qui que ce soit” détaille à son tour Dario Dalla Valle, administrateur-délégué de la société Metal Quartz.

Ces panneaux anti-balles vont servir à la fabrication de locaux sécurisés. Pour protéger de l’argent, des bijoux, des tableaux… mais aussi des personnes. Ils peuvent en effet former une panic-room, un refuge pour personnes menacées. “L’avantage du panneau, c’est sa modularité, et qui dit modularité, dit montage, démontage. On peut agrandir le local, suivant ses besoins. On peut le démonter pour le remonter à un autre endroit et tout ça ne peut être réalisé que si le principe est simple et si les éléments sont légers”, poursuit Dario Dalla Valle. Deux personnes suffisent pour le monter ou le démonter en moins de dix minutes.

Dix minutes, c’est aussi le temps qu’il doit résister à une tentative d’effraction. “En réalité lorsque l’on passe des tests, tout ça est bien normalisé. Tout ça est chronométré. Il y a un set d’outillage qui est prévu. Le Bunkerkit est un retardateur d’effraction. Tout ça, c’est pour permettre une intervention de la police ou d’un autre système de sauvetage”, continue Dario Dalla Valle.

Un ouvrier se prête alors au jeu de la tentative d’effraction. Il se défonce sur le bunker au burin, à la masse, au pied de biche, à la disqueuse… après dix minutes, exténué, il abandonne. Le bunker est éraflé , mais pas percé.

Cette innovation belge a déjà conquis les plus grandes banques du pays. Son succès commence également à dépasser les frontières. L’entreprise a dû multiplier par cinq son personnel en quelques années. L’avenir de cette société est plutôt, disons, bien assuré!

PDF_icon   Article Au Quotidien – RTBF : « Acheter et monter un bunker en kit »